jeudi 21 avril 2016

Port de pêche de Lorient-Keroman

Mercredi 16 mars, dans la fraicheur de cette fin d'hiver 2016, nous avons pris le chemin du port de pêche de Lorient pour une matinée de visite en compagnie d'Annaïg Le Port, de la Maison de la Mer.
 
 
 
 
 
 
La visite a démarré par une présentation du port : son importance, son organisation, son histoire. Le port de pêche de Keroman a été construit sur un polder gagné sur la rade dans les années 1920. Auparavant, les bateaux de pêche lorientais accostaient dans le port du Faouëdic.
 
 

La glacière est aujourd'hui devenue inutile. Il est envisager de la raser

 
Si la glacière, le bâtiment qui servait à fabriquer de la glace pour les bateaux, a été inaugurée dès 1920, l'ensemble du port n'est inauguré qu'en 1927. Construit par l'Etat, le port appartient aujourd'hui à la Région Bretagne et il est géré par la SEM (société d'économie mixte) "Lorient-Keroman".
 
Victoria, Léa, Azilis
 
Pour en savoir plus, suivez ce lien :
 
 

C'est dans ces bâtiments bleus que les bateaux s'approvisionnent désormais en glace et en fuel

 
 
Le port de pêche de Lorient est un des principaux ports de France. En quantité de poisson pêché, avec 26 000 tonnes/an, Lorient est 2e (derrière Boulogne, 34 000 tonnes/an) ; en chiffre d'affaires, Lorient est 1er (grâce notamment aux crustacés, qui ont plus de valeur que les poissons). Grâce à ses 115 bateaux de pêche et ses 550 pêcheurs, ce sont 3 000 personnes qui travaillent au port de Keroman.
 
Louann et Florian
 
 
Le port de Lorient voit la cohabitation de différents types de pêche : la petite pêche, la pêche côtière et la pêche au large.
D'abord, pour la petite pêche, les pêcheurs partent en mer moins d'une journée (exemple : de 3 h. du matin à 15 h. de l'après-midi). Ils vont souvent près de l'île de Groix mais ne dépassent pas Belle Île en Mer. Leur salaire dépend de leur productivité et de ce qu'ils vendent. Ils pêchent sur de petits bateaux.
 

Bateau de pêche côtière

 
 
 
 
Ensuite, pour la pêche côtière, les pêcheurs partent en mer moins d'une semaine. La météo joue beaucoup dans ce type de pêche. Ils vont en général dans le golfe de Gascogne, entre la Bretagne et l'Espagne. S'ils trouvent beaucoup de poissons, ils peuvent revenir au port tous les soirs pour décharger le poisson pêché la journée, pour repartir pêcher au même endroit ensuite. Cela permet de vendre un poisson mieux conserver, d'en pêcher plus et de faire du bénéfice. Leur salaire dépend aussi de leur productivité et de ce qu'ils vendent mais en moyenne il se situe autour de 2 500 euros/mois pour 72 h. de travail hebdomadaire. Ils pêchent sur des chalutiers.
Pierre et Guillaume
 
 
Les chalutiers sont des bateaux utilisés pour pêcher avec l'aide de chalut, un filet en forme de bonnet. Il est constitué de deux parties : le cul et la gueule. La gueule est à l'avant du filet et le cul est a l'arrière. Le filet a des sortes de plaques assez lourdes, des flotteurs et des poids pour le stabiliser. On s'en sert pour racler le fond de la mer pour chasser la langoustine. Le filet a une partie inférieure dont les mailles sont plus serrées et une partie supérieure dont les mailles sont plus écartées pour ne pas capturer les merluchons. Ils ont fait ce système car les langoustines ne savent pas nager donc elles sont prisonnières des filets alors que les merluchons peuvent s'enfuir.
 
Rémi et Audouard
 

Arrière d'un chalutier





Ramandage d'un filet

 
 
 
Enfin, pour la pêche au large, les pêcheurs partent moins d'un mois au Nord de l'Irlande et du Royaume-Uni. Pour pêcher plus, les pêcheurs vont décharger leurs cargaisons en Irlande et en Écosse. Le poisson est ensuite acheminé par voie routière à Lorient. Les pêcheurs ne restent pas un mois sur les bateaux mais il y a des remplacements par avions. La Scapêche (armement de bateaux appartenant à Intermarché) est la principale entreprise de pêche au large à Lorient.
Anonyme !


Une fois déchargées, les caisses de poissons sont envoyées vers la criée et vendue aux enchères. Chaque bateau y a sa plaque, indiquant à qui appartient le poisson jusqu'à sa mise en vente.
 
 
 
Arrivées à cette étape de la vente, les caisses reçoivent une étiquette.
 
 
 
Les caisses arrivent via un tapis roulant à la criée où les acheteurs potentiels (poissonniers locaux, mareyeurs) attendent et se manifestent avec une commande électronique.
 
 
 
 
Une fois vides, les caisses bleues et jaunes qui contiennent le poisson sont lavées mécaniquement par cette machine.
 

 
 
Pendant ce temps, le poisson commence à arriver sur les étals des poissonniers...!
 

 
 
 
 
 
 
 
Ou dans les ateliers de mareyage...
 

 
 

Les mareyeurs sont des gens qui achètent de grandes quantités de poissons et les revendent à ceux qui ne peuvent pas acheter dans les ports. Ils s'occupent de préparer à la chaîne des poissons grâce à des employés et des machines sophistiquées. Ils préparent des filets en enlevant la peau, les arêtes et les mettent dans des boîtes en polystyrène pour les distribuer partout en France, grâce au train et au camion. La peau sert à faire des produits anti-rides et le reste des déchets est utilisé pour la nourriture d'animaux.

 
Quentin C, Quentin LM et Rodolphe
 

 
 

Sortie de l'atelier de mareyage !

 
 
 
 


Merci à Annaïg Le Port de nous avoir accompagné tout au long de cette matinée de découverte du port de Lorient-Keroman !

mardi 8 mars 2016

Chants de marins

Vendredi 26 février, les élèves de 4e T accueillaient 3 intervenants du groupe "les Gabiers d'Artimon" : Manuela, chef de chœur du groupe, Jean-Pierre, accordéoniste, et Patrice, chanteur et ancien marin. Après une heure de présentation et d'échanges autour de cette famille de chants, nous sommes allés rejoindre Mme Le Bihan, professeur d'éducation musicale, qui, en prévision de cette demi-journée, avait commencé à travailler certains chants avec les élèves. Sous la houlette de Manuela Prado, ils ont pu interpréter les chants "Malborough" et "Santiano". Les élèves racontent (morceaux choisis !) :
 
Les chants de marins se chantaient à bord mais aussi à terre. Ils existent depuis l'Antiquité pour rythme le travail mais les traces officielles datent du XVe siècle. Pour diriger le chant, il faut un chef de chœur, un marin plus talentueux que les autres ; celui-ci avait droit à des privilèges comme une double ration de vin !
Guillaume et Quentin G
 
 



Nos 3 invités : Jean-Pierre, Patrice et Manuela
 
Le chant est un art mais c'est aussi très technique. Les chants de marins ont une mélodie et des paroles simples à mémoriser car les marins n'avaient aucune connaissance musicales.
Victoria, Léa, Azilis
 
Il y avait certains instruments à bord : des cornemuses, des violons, des bombardes, plus rarement des percussions... Mais c'est surtout l'accordéon qui accompagne les marins. L'accordéon diatonique en particulier, petit, léger et puissant.
Quentin C, Quentin LM, Florian, Rodolphe et Louann
 
 
 
 

Dans la marine anglaise, le meneur est appelé "chantyman". Le lien entre le travail et la musique était très fort : les marins chantaient pour se donner du courage. Les types de chants sont nombreux : chants à hisser, à virer, à pomper, à nager, à déhaler mais aussi des chants de détente ou pour danser. Il y avait aussi des charivaris : des chansons pour se moquer du capitaine.

Sacha, Enzo et Nicolas

 
 
Chaque tâche avait son répertoire de chant. Les chants de détente sont chantés sur le Gaillard avant. Les marins y chantaient et y fumaient aussi. Chaque métier de mer avait son propre répertoire de chant.
Guillaume et Quentin G
 
Les chants servaient à rythmer le travail; ils étaient essentiel à la coordination des marins quand ils devaient hisser les voiles, virer de bord...
Rémi, Audouard, Aurélien
 
 
 
 
Comme sur les bateaux, l'équipage était essentiellement des hommes, il faut savoir que les chants étaient osés. Il ne chantait donc pas le même chose au port et en navigation. Il faut savoir que les chants n'étaient pas harmonisés (= conçu pour plusieurs voix). Au XIXe siècle, les premières paroles de chants de marins furent éditées.
Godefroy
 
 
 
La motorisation entraîne le déclin de la marine à voile et la fin des manœuvres au cours desquelles ces chants étaient interprétés. Tombé peu à peu dans l'oubli, ce répertoire est remis en valeur à partir des années 1960 avec le développement de la plaisance et grâce aux succès de chanteurs comme Hugues Aufray, Michel Tonnerre, François Budet...
 
En Bretagne, il y a entre 300 et 400 groupes de chant de marins. Celui des "Gabiers d'Artimon" est le plus important avec 45 membres.
Guillaume et Quentin G
 
 
 
Après cette riche présentation, nous nous somme rendus en salle de musique, pour passer de la théorie à la pratique !
 
 
 
 
 
 
Pour la postérité, quelques vidéos (de la moins mauvaise qualité que nous avons pu) immortalisent leurs interprétations :
 
 
 
 
 



 

Un grand merci à Manuela, Jean-Pierre et Patrice pour avoir passé leur après-midi avec nous !
 

samedi 16 janvier 2016

Les peintres de la Marine

Nouvelle activité sur la mer pour les 4e T : l'après-midi du vendredi 8 janvier 2016 a été consacrée à une rencontre avec M. François Bellec, peintre officiel de la Marine.
 
 
Né à Brest en 1934, François Bellec a été tour à tour officier de Marine (il est contre-amiral), directeur du Musée national de la Marine à Paris, peintre et écrivain. Il est venu nous parler des peintres officiels de la Marine (POM) et de leurs œuvres.
 
Ce corps existe depuis le début du XIXe siècle. Ils ont été créés après la bataille de Navarin (1827). Ce sont des experts de la construction navale, leurs tableaux sont réalistes puisqu'ils ont les connaissances techniques sur les différents bateaux grâce à leur fréquentation des arsenaux.
 
 
 
 
Ce sont des témoins de ce qu'ils voient, dans leurs visites ou dans leurs voyages : des navires de la Marine (des bateaux à voile jusqu'à nos FreMM), des ports, des bases navales, de l'outre mer, des poissons... 
 
 
 
Les POM participent à des expositions. F. Bellec a même participé à la décoration de la salle à manger du commandant de la frégate Jean-Bart !
 
Depuis une trentaine d'année, les POM portent des uniformes mais ils ne sont pas militaires en général. Depuis quelques années, le groupe accueille des femmes.
 
 
Parmi les peintres que F. Bellec nous a fait découvrir, on peut citer Jean Le Merdy, Albert Brenet, les frères Ozanne, Michel King, Lucien-Victor Delpy... Ils signent leurs tableaux avec une ancre.
 
F. Bellec devant une de ses propres œuvres, réalisée à St-Pierre-et-Miquelon
 
On retiendra de cet exposé que le dessin et la peinture permettent de communiquer avec tout le monde, c'est un langage universel, comme M. Bellec a pu nous le raconter à travers ses souvenirs de voyages (environ 140 pays visités !) dans des contrées lointaines.
 
 
Ensuite, sous son regard bienveillant, nous avons dessiné l'un des 4 paysages qu'il nous proposait, avec des crayons pastels. Depuis plusieurs semaines, en prévision de cette rencontre, nous avions déjà travaillé sur des peintures marines avec Mme Graal,  notre professeur d'arts plastiques. Nous devions dessiner sur un carnet différents éléments liés à la mer. Nous avons aussi dessiné des littoraux avec différentes conditions météo. L'ensemble de ce travail a été présenté et apprécié par l'expert !
 
Un grand merci à M. Bellec pour sa visite, pour son travail avec nous et pour sa gentillesse ! 
 
 
 

jeudi 17 décembre 2015

Archéologie sous-marine

Le vendredi 13 novembre 2015, l'après-midi des 4e T était consacré à l'archéologie sous-marine. Nous avons accueilli Yann Gaonac'h, de l'ADRAMAR, une association basée à Saint-Malo. Après le commerce vers l'Orient et les traites négrières, une autre forme de navigation était à l'honneur : les navires corsaires. Les élèves racontent...
 
 
1° L'archéologie sous-marine, c'est quoi ? (Guillaume, Sacha, Rodolphe, Aurélien, Léa, Thibaut, Gaëlle, Quentin LM)
 
L'archéologie sous-marine consiste à faire des fouilles historiques sous la mer.
 

Yann Gaonac'h, de l'ADRAMAR, présentant l'archéologie sous-marine

 
Pour commencer les fouilles, ils cherchent des épaves grâce à une sonde. Ils plongent par temps favorable pour repérer l'ampleur du travail. Ensuite, ils entourent l'épave avec un carroyage et définissent des zones de fouilles. Ils retirent le sable avec un aspirateur géant. Ils remontent les grosses pièces avec des ballons remplis d'air. Cette séance était passionnante et nous a appris beaucoup de choses sur l'archéologie sous-marine et sur l'histoire de la Bretagne.
 
 
 
 
 
 
 
2° Les carrés de fouilles (Laurencia, Victoria, Azilis, Enzo, Valentin, Quentin C, Nicolas)
 
Après cette présentation, nous sommes allés autour de 2 carrés de fouilles, correspondant à 2 bateaux différents.
 

Un élève intrus s'est glissé sur la photo. Saurez-vous le trouver ?!

 
Par équipe de 3 ou 4, on devait réussir à dessiner sur une feuille de papier millimétré les objets présents dans l'un ou l'autre des carrés.
 

Le premier carré de fouilles

 
Chaque bord du carré était gradué. Avec une autre règle et un fil à plomb, on devait repérer les contours d'un objet et reporter les points sur le papier millimétré (abscisse, ordonnée, merci M. Le Neuresse !).
 

Le deuxième carré de fouilles

 
 
 
 
 
 
On ne pouvait déplacer les objets qu'après les avoir dessiné. En les comparant avec leurs voisins, on pouvait essayer de comprendre l'histoire de l'épave.
 
  
 
 
3° Le travail sur les objets remontés (Maël, Rémi, Pierre, Antoine, Louann, Audouard, Florian, Godefroy)
 
En croisant des documents d'archives et des objets découverts sur un site d'épave au large de Saint-Malo, on a retracé l'histoire de navires corsaires.
 
 
Un corsaire est un bateau civil qui a un ordre du roi pour combattre les autres navires. On a dû lire des textes du XVIIIe siècle pour comprendre la nature de l'épave et la date du naufrage. Puis, nous avons étudié plusieurs objets dont des boulets, des dés à jouer, une grenade...
 



 
 
Là encore, il fallait dessiner et parfois se creuser la tête pour comprendre à quoi servait certains objets !

Au terme de ces différents travaux, nous avons une meilleure connaissance du métier d'archéologue sous-marin et du travail historique qui entoure ses recherches.
 
 

mardi 3 novembre 2015

Les traites négrières

Le 2 octobre 2015, pour leur deuxième activité, les 4e T ont reçu la visite de Camille Pinéault, venue les faire travailler sur les traites négrières.

Des élèves en pleine réflexion

 

Notre intervenante
(Rodolphe, Pierre, Guillaume, Quentin C, Quentin Le M, Florian, Antoine)

Mme Pineault est une personne des archives départementales du Morbihan, basées à Vannes. Elle nous présente ce que sont les archives : c'est l'histoire du Morbihan sur des documents écrits et le plus vieux est du Moyen Âge. Elle a fabriqué un dossier sur la traite négrière avec des questions et des documents tirés des archives du Morbihan.

Participation et concentration...

 

... chacun à sa manière !

Des documents locaux et originaux
(Aurélien, Audouard, Maël, Nicolas, Rémi, Louann, Valentin)
Les archives que nous avons étudiées parlaient des conditions de vies des esclaves africains dans les navires négriers européens et dans les plantations. L'intérêt de ces documents des archives morbihannaises est que ce sont des fait réels vécus par des habitants de notre territoire. L’écriture et la façon d’orthographier les mots sont de l’époque du 18ème siècle, donc difficile à déchiffrer.
 
 
 
 
 
 
 
Ce que ces documents nous apprennent
(Léa, Gaëlle, Victoria, Azilis, Laurencia)
Nous allons vous parler du navire « La Marguerite ». Les propriétaires de la Marguerite étaient 9 bourgeois. Il a été construit à Redon et armé à Conleau (Vannes). C’était un navire négrier. Ce document est issu des greffes de l'amirauté du bourg de St Pierre au 18ème siècle.
 
 
 
Les bateaux négriers transportaient de l'eau de vie, des fusils et de la poudre à feu. Les esclaves sont vendus comptant ou au mois. On leur donne des prénoms de villes françaises, de mois, ou de fêtes religieuses catholiques. La matière première cultivée par les esclaves est la canne à sucre. Ces produits sont destinés aux Européens.
 
Préparation de l'article pour le blog
 
 
 
Photos : Thibaut, Enzo, Sacha, Godefroy et Quentin G